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Des photodétecteurs organiques au fort potentiel

17/07/2014

 

La start-up Isorg, née en 2010, annonce une

levée de fonds. 6 M€ ont été mobilisés par

l’entreprise grenobloise qui propose une
technologie de photodétecteurs de grande
surface, souples, organiques et à bas coût
grâce aux matières premières utilisées et à
son process de production peu énergivore et
rapide par rapport aux filières semi-conducteurs
traditionnelles (cf. GNT n°4). Le principe
est rappelons-le celui de la cellule photovoltaïque
à l’exception près que le courant
généré par la couche organique n’est pas
stocké mais est mesuré, étant proportionnel
à la lumière reçue, une partie de celle émise
ayant été absorbée par le milieu traversé. La
jeune entreprise a été largement remarquée
ces derniers mois, suite notamment à un
accord passé avec Plastic Logic, société avec
laquelle un co-développement a été mené en
associant le photo-détecteur à une matrice de
transistors organiques de Plastic Logic. Cette
combinaison aboutit à un capteur d’images
souple et de grande surface qui a valu aux
deux entreprises le prestigieux prix R&D Flexi
Award en février dernier.
Avec une technologie validée au plan préindustriel
sur la ligne pilote et des démonstrations
prometteuses, il fallait à Isorg les
moyens de répondre en volume aux attentes
du marché, car tout comme Genes’Ink, Isorg
fait face à un potentiel d’applications très
diversifié. Et notamment en environnement.
Outre d’être de conception propre et sobre,
ces capteurs bas coûts, souples et grands,
ouvrent de multiples opportunités de monitoring.
Laurent Jamet, co-fondateur de l’entreprise,
cite ainsi en exemple le pilotage industriel
temps réel qui peut éviter des dérives,
des pertes de matières premières etc. L’idée
est de placer sur les parois internes d’un
réacteur un grand capteur optique qui sera à
même de surveiller un volume mieux qu’un
point ponctuel de mesure par sonde. Un projet
FUI est donc engagé sur ce thème avec
Indatech et Ondalys qui feront l’ingénierie et
l’analyse d’images autour du capteur. Autre
exemple, dans le domaine du contrôle de
l’eau. Des contacts sont engagés pour le suivi
de la turbidité. Et pourquoi pas à terme pour
détecter certaines molécules, si elles peuvent
changer de comportement optique (fluorescence,
luminescence..). Des applications
concrètes sont aussi d’ores et déjà visées
dans l’agro-alimentaire, pour contrôler les
eaux de rinçage de cuve, s’assurer qu’il n’y
a plus de résidus de produits de nettoyage
et éviter des rinçages inutiles tout en garantissant
un haut niveau de sécurité. Enfin, le
bâtiment intelligent sera une opportunité, par
exemple pour développer des vitrages intelligents
pouvant moduler leur clarté et contribuer
à une meilleure gestion énergétique
(applicable aux transports aussi).
Pour répondre à tous ces futurs marchés (et
bien d’autres), la prochaine unité qui devrait
être opérationnelle fin 2015 devrait produire
des photodétecteurs sur plaque PET de
60x60 cm (au lieu de 32 x 38 cm aujourd’hui)
et surtout avec des cadences largement augmentées
grâce à l’automatisation de l’enchaînement
des dépôts de couches organiques
ligne après ligne.

 

GreenNews Techno, 11 Juillet 2014, numéro 139 

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